


À Paris, plus de 34 000 anciens abaissements de trottoir subsistent devant des portes cochères dont l'usage automobile a disparu. Ces "bateaux" représentent une surface totale de 48,38 hectares aujourd'hui imperméabilisés et sous-exploités.
Notre étude révèle qu'un bateau sur quatre n'est plus utilisé pour le stationnement, soit environ 6 800 à 8 500 emplacements répartis sur l'ensemble de la capitale. Cette estimation conservative identifie un gisement foncier de près de 10 hectares immédiatement disponibles pour la végétalisation.
Cette transformation pourrait permettre la plantation de 8 000 arbres supplémentaires dans l'espace public parisien, contribuant significativement aux objectifs de végétalisation de la Ville.
Impact climatique attendu :
Au-delà des bénéfices environnementaux, ce projet participe à la désimperméabilisation des sols, à la création de corridors écologiques urbains et à l'amélioration du cadre de vie des riverains.
Notre étude s'appuie sur un repérage exhaustif de l'ensemble des anciens abaissements de trottoir donnant sur des portes cochères. Cette cartographie fine permet d'identifier les sites potentiels et de croiser ces données avec les permis de végétaliser déjà accordés par la Ville de Paris.
L'analyse révèle que plus de 130 rues et places ont déjà bénéficié de ce type d'aménagement, créant un contexte urbain favorable et des références opérationnelles pour un déploiement à plus grande échelle.
Le choix des plantations doit répondre aux contraintes urbaines spécifiques : espace restreint, sols peu profonds, exposition variable et nécessité de limiter l'entretien.
Petits arbres (< 8m) - IDÉAUX pour les bateaux :
Arbres moyens (8-12m) - POSSIBLES sur grands bateaux :
Ces essences ont été sélectionnées pour leur résistance à la sécheresse, leur système racinaire adapté au milieu urbain et leur contribution à la biodiversité (espèces mellifères, comestibles ou médicinales).
Pour illustrer le potentiel de cette transformation, nous avons développé un projet concret de végétalisation de la rue Rémy Dumoncel dans le 14ème arrondissement.
Objectif : Transformer une simple voie de circulation en un véritable corridor écologique reliant l'avenue du Maine, l'avenue du Général Leclerc et les espaces verts remarquables du quartier Denfert-Rochereau.
Principe d'aménagement :
Strate arbustive : Oléastre épineux, Cotonéaster de Franchet, Oranger du Mexique, Escallonia, Ciste de Crète
Strate herbacée : Gaura, Lavandes, Géranium, Sauge officinale, Romarin rampant, Thym, Sedum
Cette composition végétale privilégie les plantes mellifères, comestibles, médicinales et autonomes, réduisant les besoins en arrosage et en entretien tout en favorisant la biodiversité urbaine.
Les visualisations "avant/après" démontrent l'impact qualitatif de cette intervention :
Le diagnostic initial de la rue Rémy Dumoncel est révélateur : imperméabilisation totale des sols et absence critique de biodiversité. Ce constat n'est pas une fatalité, mais une opportunité de transformation.
Cette étude démontre qu'un potentiel considérable de végétalisation existe dans l'espace public parisien, sans nécessiter de requalifications lourdes ou de suppressions massives de stationnement actif.
La transformation progressive des anciens bateaux inutilisés pourrait s'inscrire dans une stratégie de micro-plantations diffuses, complémentaire aux grands projets de végétalisation, et mobilisant directement les riverains via le dispositif de permis de végétaliser.
Studio Montazami Architectes
Étude réalisée en février 2026